Mors pour cheval de CSO, comment bien choisir ?
Choisir une embouchure commence rarement par le modèle ou la marque. La première étape consiste à mesurer la bouche de son cheval pour un mors réellement adapté, car c’est la largeur entre les commissures des lèvres qui détermine la longueur utile de l’embouchure. Une mesure mal prise conduit à deux situations fréquentes : un mors trop petit qui pince les lèvres, ou un mors trop grand qui se déplace latéralement et altère le confort du cheval et perturbe les actions de main.
Ce guide détaille les méthodes avec un mesureur de mors, avec une ficelle non extensible ou à partir d’un mors existant, puis explique comment contrôler l’ajustement une fois l’embouchure en place.
Sommaire
Temps de lecture : ~10 min
La taille d’un mors est exprimée en millimètres. Elle correspond à la longueur de la partie qui se trouve dans la bouche, c’est-à-dire la distance entre les anneaux, les olives ou les éléments latéraux. Elle ne correspond pas à la largeur totale de l’objet, anneaux compris.
Cette distinction est la source d’erreur la plus courante lorsqu’un cavalier mesure lui-même une embouchure posée sur une table. Les fabricants ne mesurent pas toujours exactement de la même manière selon la conception du modèle, notamment sur les mors à aiguilles, les pelham et les mors de bride. Il reste donc préférable de vérifier la dimension réelle plutôt que de se fier uniquement à l’étiquette.
Retenez un principe simple : la largeur de la bouche donne la longueur du mors, pendant que l’épaisseur des canons relève d’un choix distinct, lié à l’espace disponible et à la sensibilité du cheval.
Le mesureur de mors est un outil gradué conçu pour être introduit dans la bouche, à l’endroit exact où reposera l’embouchure. C’est la méthode la plus fiable, car elle reproduit la position de travail. Ci-dessous le modèle Bombers.

Installez d’abord le cheval dans un endroit calme, tenu par une personne de confiance, de préférence après l’avoir laissé mastiquer et se détendre. Introduisez ensuite l’outil doucement, à la hauteur des barres de la bouche, dans l’espace libre situé entre les incisives et les molaires, sans forcer sur les dents. Positionnez l’outil comme le futur mors, bien horizontal, puis repérez les deux commissures des lèvres de chaque côté.
La lecture se fait au niveau de ces repères anatomiques, et non devant les lèvres. Il reste ensuite à ajouter la marge latérale recommandée pour le modèle visé. Une mesure prise à la hâte, sur un cheval qui mâchouille ou tient la tête de travers, donne presque toujours un résultat asymétrique : mieux vaut recommencer deux fois et comparer.
Bon à savoir
Si votre cheval se montre tendu à l’approche de la bouche, interrompez la manipulation. Une défense au mors ou une sensibilité inhabituelle peut aussi signaler une surdent ou une lésion, un contrôle par un dentiste équin est alors préférable avant toute mesure.
Sans outil dédié, une ficelle propre, souple mais non extensible, donne un résultat correct. Faites un nœud à une extrémité pour créer un repère fixe, puis introduisez la ficelle dans la bouche, toujours à l’emplacement du futur mors, au niveau des barres.
Maintenez le nœud contre une commissure, puis marquez d’un doigt ou d’un feutre le point où la ficelle ressort de l’autre côté, à la seconde commissure. Retirez la ficelle, posez-la à plat et mesurez la distance entre le nœud et la marque, en millimètres. Cette valeur correspond à la largeur de bouche du cheval pour le mors.
Les guides spécialisés recommandent ensuite d’ajouter une marge limitée, le repère le plus souvent cité étant d’environ 5 mm de chaque côté, soit à peu près 1 cm au total. Ce repère n’est pas universel, certaines conceptions demandent moins de jeu, d’autres davantage.
Si votre cheval travaille déjà dans une embouchure qui lui convient, celle-ci constitue un excellent point de départ pour commander une nouvelle taille ou un autre modèle. Mesurez la longueur utile de l’embouchure, c’est-à-dire la partie comprise entre les deux anneaux ou entre les deux parties latérales, en excluant les anneaux eux-mêmes et les branches.
Sur un mors brisé, placez les canons bien alignés avant de mesurer, car une brisure repliée fausse la lecture de plusieurs millimètres.

Cette méthode n’a de valeur que si le mors de référence respecte les conditions suivantes :
il ne pince pas les commissures ;
il ne dépasse pas excessivement de chaque côté ;
il reste stable pendant le travail ;
il ne laisse aucune trace anormale de pression.
Attention également au changement de famille d’embouchure : passer d’un mors à anneaux libres à un mors à olives, à un pelham ou à un filet de bride ne se fait pas toujours à taille strictement identique.
La largeur n’est qu’une des dimensions de la morphologie de la bouche. En soulevant délicatement les lèvres, vous pouvez observer l’épaisseur et le volume de la langue, la place qu’elle occupe entre les barres, ainsi que la hauteur et la profondeur du palais.
Un cheval à langue épaisse et à palais bas dispose de moins d’espace disponible, ce qui oriente souvent vers des canons plus fins, une double brisure bien dimensionnée ou un passage de langue adapté. L’écartement des barres s’apprécie en passant un doigt de part et d’autre de la langue, il conditionne la façon dont le mors se répartit sur les tissus.
La conformation équine varie fortement d’un cheval à l’autre, deux chevaux du même modèle et de la même race peuvent avoir des bouches très différentes. C’est précisément pour cette raison qu’un bit fitter formé procède à un examen complet de la bouche avant de proposer une embouchure, et que nous mettons à disposition un annuaire de bitfitters partenaires.
Les tableaux de tailles diffusés par les vendeurs sont indicatifs et varient d’un site à l’autre, certains associant par exemple 125 mm à un cheval fin, d’autres à un poney de grande taille. Ils répondent à la question quelle taille de mors pour mon cheval uniquement de façon approximative, et ne remplacent jamais une mesure individuelle. Voici les fourchettes les plus couramment proposées.
| Type de cheval ou poney | Taille souvent proposée |
|---|---|
| Shetland | Environ 90 à 105 mm |
| Poney A ou petit poney | Environ 95 à 105 mm |
| Poney B | Environ 105 à 115 mm |
| Poney C ou D | Environ 115 à 125 mm |
| Petit cheval ou cheval fin | Environ 125 à 135 mm |
| Cheval standard | Environ 135 à 145 mm |
| Grand cheval ou cheval de trait | 145 mm et plus |
Fourchettes de tailles de mors indicatives par type de cheval ou poney.
La mesure donne une taille théorique, l’ajustement se contrôle sur le cheval, bridé, au repos puis en mouvement.
Sur un mors à anneaux libres, une légère marge latérale doit permettre d’éviter le pincement des commissures sans laisser le mors coulisser d’un côté à l’autre.
Sur ces modèles, les parties latérales doivent rester proches de la joue pour guider l’embouchure, sans comprimer les lèvres ni frotter. Le réglage en hauteur se juge ensuite au nombre de plis formés à la commissure, sachant qu’un mors trop haut tend les lèvres et qu’un mors trop bas vient taper les incisives.
Voici les signes à surveiller lors de ce contrôle.
| Situation | Signes à surveiller |
|---|---|
| Mors trop petit | Commissures comprimées, plis marqués, anneaux difficiles à placer, frottements ou irritations, défense lors de la mise en bouche. |
| Mors trop grand | Embouchure qui glisse nettement d’un côté, anneaux qui se rapprochent de la joue ou de l’œil, actions de main imprécises, mâchonnement excessif, position asymétrique dans la bouche. |
Signes d’un mors mal ajusté selon la taille.
Ces points sont des repères pratiques, pas un diagnostic. En présence d’une plaie, d’une douleur persistante ou d’une défense inhabituelle, retirez le mors et faites intervenir un vétérinaire, un dentiste équin ou un professionnel compétent.
À retenir
En compétition, la réglementation de la discipline concernée, publiée par la Fédération Française d’Équitation, encadre les embouchures autorisées. Vérifiez cette conformité avant d’acheter, en complément des repères dimensionnels et des normes applicables aux équipements équestres.
Une fois la longueur déterminée, reste la question de l’épaisseur. Elle dépend de la place réellement disponible entre la langue et le palais, de la morphologie de la bouche et de la sensibilité du cheval.

L’idée selon laquelle un canon épais serait automatiquement plus doux mérite d’être nuancée : un canon volumineux dans une bouche étroite peut créer une pression constante, alors qu’un canon plus fin, bien dessiné, peut laisser davantage d’espace. L’effet d’une embouchure dépend aussi de sa forme, de sa mobilité, du matériau, du réglage de la briderie et surtout de l’action de main du cavalier.
C’est pour cette raison que l’essai reste la meilleure façon de trancher entre deux références proches, et que nous proposons un service d’essai de mors.
La première erreur consiste à choisir d’après la taille au garrot ou la race, sans mesure. La seconde est de mesurer la largeur totale du mors, anneaux compris, ce qui conduit systématiquement à une taille surévaluée. La troisième est d’ajouter une marge excessive de plusieurs centimètres, qui rend le mors instable.
Vient ensuite le défaut de symétrie, lorsque la ficelle est inclinée ou que le repère n’est pas pris au même niveau des deux côtés. Enfin, introduire brusquement l’outil ou l’embouchure crée une mauvaise expérience et fausse durablement les mesures suivantes.
Pour savoir comment choisir la taille d’un mors sans se tromper, parcourez cette liste avant de commander.
Cheval calme et tenu en sécurité, bouche saine et contrôlée récemment.
Mesure prise au niveau des barres, entre les deux commissures.
Longueur relevée hors anneaux et hors branches.
Marge latérale conforme aux recommandations du modèle choisi.
Type d’embouchure pris en compte, anneaux libres, olive, aiguilles, pelham ou bride.
Épaisseur des canons évaluée séparément.
Ajustement vérifié une fois le mors en place, au repos puis au travail.
Mesurer la bouche reste une opération simple, rapide et nettement plus fiable que n’importe quel tableau de correspondance. Elle fournit une base solide, que l’observation du cheval au travail viendra ensuite confirmer ou corriger. En cas de doute entre deux tailles ou deux modèles, l’essai et l’avis d’un professionnel formé à l’embouchure permettent d’éviter un achat inadapté.
Oui, une sangle fine de nylon ou un lacet plat peuvent dépanner, à condition que le matériau ne s’étire pas et reste propre. La précision sera moindre : il est conseillé de répéter la mesure trois fois et de conserver la valeur médiane.
C’est possible. L’évolution de l’état corporel, les soins dentaires, la musculature et parfois l’âge modifient légèrement les volumes de la bouche. Une vérification annuelle de la largeur et de l’ajustement est une habitude utile, en particulier sur un jeune cheval en croissance.
Pas nécessairement. Le filet de bride et le mors de bride cohabitent dans la bouche, et leurs dimensions respectives doivent tenir compte de cet encombrement. Les fabricants indiquent souvent des correspondances spécifiques : il est prudent de les suivre plutôt que de reprendre la taille du mors de filet.
Elles ne modifient pas la longueur utile de l’embouchure, mais elles occupent de la place entre l’anneau et la commissure. Sur un mors déjà juste, elles peuvent accentuer le contact latéral. Mieux vaut en tenir compte lors de l’essai avec des rondelles de mors.
Une légère asymétrie est fréquente et provient souvent de la position de la tête pendant la mesure. Si l’écart persiste après plusieurs essais, il peut traduire une asymétrie posturale ou dentaire et mérite l’avis d’un dentiste équin ou d’un vétérinaire.
Mors pour cheval de CSO, comment bien choisir ?
Quel mors pour un cheval de dressage : le guide complet
Bien choisir son mors pour cavalier débutant