Quel mors pour un cheval de dressage : le guide complet
En saut d’obstacles, l’embouchure travaille dans des conditions très particulières, entre galop soutenu, changements de direction rapides, rééquilibrages à l’abord et réceptions parfois fuyante. Choisir un mors pour un cheval de CSO ne consiste donc pas à chercher le modèle le plus puissant, mais celui qui permet d’obtenir un contact stable, lisible et confortable, compatible avec l’anatomie de la bouche, les sensibilités du cheval et la main du cavalier.
Chez Mors and More, nous constatons chaque semaine que deux chevaux pratiquant la même discipline peuvent réagir de manière opposée sur un seul et même mors. Cet article détaille les types d’embouchures utilisées en concours, les critères de sélection, le réglage et le cadre réglementaire applicable en 2026.
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Le saut d’obstacles impose une alternance permanente entre allongement et rééquilibrage. Le cheval doit pouvoir s’étendre dans les lignes, puis se redresser avec un engagement des postérieurs suffisant avant l’obstacle. L’embouchure est l’un des principal outil de transmission des aides entre le cavalier et son cheval.
Un mors agit sur des zones précises : la langue, les barres de la mâchoire, les commissures des lèvres, parfois le palais, la nuque et le menton lorsque l’embouchure possède des branches et une gourmette.
Trois paramètres se combinent toujours. D’abord l’anatomie, avec l’épaisseur de la langue, la hauteur du palais et l’espace buccal réellement disponible. Ensuite le niveau de dressage du cheval, son équilibre naturel et sa manière de prendre le contact. Enfin la main du cavalier, car une embouchure à effet de levier mal accompagnée peut générer plus de tension qu’elle n’apporte de contrôle. Le guide de Winderen consacré au saut d’obstacles insiste d’ailleurs sur l’importance de la hauteur du palais et de la place disponible dans la bouche avant toute sélection d’embouchure.
Avant de changer de matériel, il est utile d’identifier précisément ce qui pose problème. Un cheval qui tire dans les lignes, un cheval qui s’appuie à l’abord et un cheval qui accélère par excitation ne relèvent pas des mêmes réponses. Dans de nombreux cas, la piste principale reste le travail sur le plat, les transitions, l’ajustement de la selle et le contrôle dentaire. Le mors intervient ensuite, pour affiner la communication, pas pour masquer une douleur ou un défaut d’équilibre.

Pour un cheval confirmé, stable dans son contact et réactif aux aides, un filet simple à canon double brisure ou un canon anatomique constitue souvent un choix cohérent. Pour un cheval qui manque de direction, un mors à aiguilles peut apporter un encadrement latéral plus precis.
Le plus important lorsqu’un cheval s’appuie et/ou émet des défenses, c’est de s’interroger sur les raisons. C’est souvent une réaction à de l’inconfort. Mettre le doigt sur la raison permet, en adaptant l’embouchure en conséquence, d’améliorer l’équilibre du cheval et d’alléger le contact. Pour un cheval qui s’appuie fortement par comportement et non réaction, un mors releveur ou un mors Pessoa pour le saut d’obstacles peut être envisagé, à condition d’être utilisé par un cavalier capable de relâcher immédiatement l’action. Pour un cheval sensible, un canon fin avec la pression bien répartie, une double brisure centrale arrondie ou un alliage mieux accepté peuvent être testés progressivement.
Le mors de filet reste la base. Son action est simple, sans bras de levier, ce qui rend le contact relativement lisible pour le cheval comme pour le cavalier. Il existe entre autre en canon simple brisure, en canon double brisure, en canon droit et/ou anatomique, avec des anneaux libres, des anneaux olive, des anneaux verdun ou des aiguilles. La double brisure épouse souvent mieux la langue et limite l’effet de bascule d’une simple brisure, sans pour autant convenir à toutes les bouches, notamment lorsque l’espace dans la bouche est réduit.
Le mors à aiguilles encadre davantage les lèvres et accompagne les demandes de direction, ce qui explique son utilisation fréquente sur les jeunes chevaux ou les chevaux qui dérobent sur les côtés. Les aiguilles ne doivent pas comprimer les commissures et demandent souvent des fixations adaptées sur la muserolle.
Le mors releveur, lui, exerce une action combinée sur la bouche et une pression sur la nuque selon la configuration des montants et des rênes. Le mors Pessoa, avec ses anneaux étagés, module l’effet de levier en fonction de la position de la rêne, l’action augmentant à mesure que la rêne descend.
Le mors pelham pour le saut d’obstacles associe une action sur la bouche, la nuque et la gourmette. Son intensité dépend de la longueur des branches, du réglage de la gourmette, du type de canon et de l’usage d’une alliance de rênes ou de deux paires de rênes. Un mors avec gourmette en CSO demande une progressivité réelle, car l’effet de levier amplifie chaque geste de main.
| Type de mors | Action dominante | Peut convenir à | Points de vigilance |
|---|---|---|---|
| Filet simple, olive ou verdun | Action directe sur langue, barres et commissures | Cheval stable dans le contact, travail quotidien et concours | Choix de la brisure et de l’épaisseur du canon selon l’espace buccal |
| Mors à aiguilles | Action directe avec encadrement latéral | Jeune cheval, cheval manquant de rectitude | Risque de compression des lèvres, fixations à prévoir |
| Mors releveur | Relevé des commissures, pression sur la nuque | Cheval qui baisse le garrot | Main indépendante indispensable, réglage précis |
| Mors Pessoa | Effet de levier modulable selon l’anneau | Cheval qui s’appuie, parcours rapides | Action croissante vers le bas, usage progressif |
| Pelham et mors à gourmette | Levier, bouche, nuque et menton | Cheval puissant demandant un rééquilibrage | Bras de levier limité à 10 cm en CSO FFE |
La taille d’un mors de CSO doit permettre à l’embouchure de rester stable sans pincer les commissures. Un mors trop étroit comprime les commissures, un mors trop large se déplace latéralement et rend les actions imprécises. La mesure se prend avec un mesureur de bouche ou, à défaut, avec un dispositif gradué placé à l’emplacement du mors, puis se compare aux dimensions indiquées sur la fiche produit. Les guides spécialisés recommandent de mesurer la largeur de la bouche, d’observer l’épaisseur de la langue et de comparer plusieurs épaisseurs de canon avant l’achat.
Un canon épais n’est pas automatiquement plus doux. Dans une bouche peu spacieuse, avec une langue épaisse et un palais bas, un canon volumineux exerce une pression continue qui gêne la déglutition et la décontraction. À l’inverse, un canon très fin concentre la pression sur une surface réduite. L’épaisseur du canon se choisit donc en fonction de l’anatomie et de la sensibilité, pas d’une règle générale.
L’anneau compte autant que le canon. Le règlement CSO FFE 2026 précise que le diamètre des anneaux doit être adapté afin de ne pas blesser le cheval ou le poney, un point souvent oublié lors de l’achat d’un mors à grands anneaux.
Les embouchures existent en acier inoxydable, en alliages favorisant la salivation comme le cuivre, le titane, le caoutchouc, la résine, ou le cuir. La FFE reconnaît plusieurs de ces matériaux dans le cadre des embouchures autorisées. Un alliage plus chaud en bouche peut encourager la salivation chez certains chevaux, mais l’alliage seul ne garantit jamais le confort.
Un mors en résine mal dimensionné reste inconfortable, tandis qu’un mors en inox correctement ajusté peut être parfaitement accepté. Sur notre catalogue, les gammes de marques comme Fager, Trust, Beris ou Myler illustrent ces différences de conception, avec des approches très variables de la forme du canon et de l’alliage.
Avant chaque saison, il est prudent de relire le règlement en vigueur, car les dispositions évoluent. Le règlement CSO FFE 2026 limite le bras de levier du mors à 10 cm. La longueur située sous le canon ne doit pas dépasser 10 cm lorsque le canon se trouve en position haute.
Le règlement encadre également les formes de canons admises, les passages de langue, les rouleaux et les matériaux autorisés, ainsi que le diamètre des anneaux. De son côté, le règlement général FFE 2026 autorise le jury à interdire un mors, des éperons ou un harnachement jugé anormal ou trop sévère. Autrement dit, un mors conforme sur le papier peut être refusé s’il blesse le cheval ou s’il est utilisé de manière inadaptée.
Le réglage du des montants de mors conditionne une grande partie du confort. La hauteur ne se détermine pas uniquement au nombre de plis visibles aux commissures, car ce repère varie selon la finesse des lèvres. Mieux vaut contrôler la stabilité de l’embouchure, l’absence de pincement, la distance avec les prémolaires, la liberté de la langue et la position des montants.
La muserolle doit laisser la mâchoire mobile, et la gourmette, lorsqu’il y en a une, se règle de manière à agir progressivement et non en permanence. Un cheval qui ouvre la bouche signale un inconfort, et serrer davantage la muserolle ne supprime que le symptôme.
Voici les points à vérifier systématiquement après un changement d’embouchure :
Stabilité du mors au pas, au trot et au galop, puis sur quelques obstacles isolés.
Absence de rougeur ou de blessure aux commissures après le travail.
Qualité de la salivation et de la décontraction.
Constance du contact à l’abord et à la réception.
Réaction du cheval aux demandes de direction et de rééquilibrage.
Un mors ne se juge pas en main, mais en situation. Nous proposons un service d’essai de mors qui permet de tester les mors après achat, en conditions réelles, ce qui évite d’accumuler des embouchures inutilisées et surtout de s’assurer de la bonne adaptation du more pour le cheval et son cavalier.
Pour les cavaliers qui souhaitent un accompagnement sur place, nous mettons également à disposition un annuaire de bit fitters partenaires, utiles pour objectiver le choix à partir de l’anatomie de la bouche et du comportement du cheval au travail.
Un seul changement à la fois. Modifier le mors, la muserolle et les rênes la même semaine rend impossible l’identification de ce qui a réellement amélioré ou dégradé le contact.
Le meilleur mors pour cheval de CSO n’existe pas dans l’absolu. Il correspond à une bouche précise, à un niveau de dressage donné, à une main particulière et à un règlement applicable le jour du concours. Un mors doux pour un cheval sensible peut être totalement inadapté à un cheval qui s’appuie, et un mors à levier efficace entre des mains expérimentées peut devenir contre productif entre d’autres.
La démarche la plus fiable reste la même : observer, mesurer, écarter les causes de douleur, puis tester une seule variable à la fois.
L’usage de deux paires de rênes est courant avec un pelham ou un mors de bride selon les disciplines, mais les conditions d’emploi dépendent du règlement de l’épreuve concernée. Il faut vérifier le texte FFE en vigueur pour l’année et la catégorie engagée avant de se présenter en piste.
Il peut permettre d’accéder à des modèles techniques à moindre coût, à condition de contrôler l’état des brisures, l’absence de jeu excessif, et de rayures. Nous proposons régulièrement des références d’occasion vérifiées dans notre catalogue.
Ce n’est pas obligatoire, mais certains cavaliers utilisent une embouchure légèrement plus encadrante en concours en raison de l’excitation. Le cheval doit alors avoir été habitué à ce mors à l’entraînement, et non le découvrir le jour de l’épreuve.
Un examen visuel et tactile a toutes les séances est important, en insistant sur les zones de brisure et les points de passage des anneaux. Toute arête vive, fissure ou déformation impose le retrait immédiat de l’embouchure.
Les sensibilités faciales relèvent d’un avis vétérinaire et non d’un simple changement d’embouchure. Un mors mal adapté peut aggraver une gêne existante, mais il ne constitue ni le diagnostic ni la solution.
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