Mors pour cheval de CSO, comment bien choisir ?
Depuis plusieurs années, de nombreux cavaliers choisissent de monter leur cheval sans mors pour diverses raisons et parfois, parce qu’ils ne savent simplement plus quel modèle de mors choisir : Et si la solution était de retirer le mors, pour plus de confort ?
Dans cette recherche de confort pour le cheval, peut-on pour autant affirmer que monter sans mors est plus doux pour le cheval ? Un questionnement légitime qui peut impliquer que l’on se sente un peu perdu face aux arguments des uns et des autres, « pour » ou « contre » la monte sans-mors.
Plutôt que d’opposer « mors et sans-mors », il est surtout nécessaire de s’intéresser à la façon dont le matériel est choisi, adapté et utilisé.
Face à de nombreuses options proposées dans le commerce, on peut aussi se sentir un peu seul pour choisir ce qui correspond à notre binôme et à notre équitation. En effet, tous les équipements sans mors n’agissent pas de la même manière, et l’absence de mors ne signifie pas l’absence de pression !
Dans cet article, je vous propose donc de faire le point sur :
Sommaire
Certains cavaliers peuvent être tentés de monter leur cheval sans mors pour plusieurs raisons :
Face aux différentes options de matériel sans mors proposées dans le commerce aujourd’hui, il me semble intéressant de parcourir les spécificités de chaque modèle.
À noter que supprimer le mors ne supprime pas la pression : la pression va être déplacée à différents endroits de la tête, en fonction du type de bitless.
J’en profite pour faire une petite parenthèse étymologique pour éviter les confusions sur internet : le terme « Bitless » est un mot anglais qui signifie « sans-mors ». Il désigne donc toutes les options détaillées ci-dessous.

Le licol éthologique est un licol en corde plus ou moins fine, avec des nœuds placés sur des points de contact stratégiques. Les rênes se rejoignent et s’attachent au nœud sous la mandibule du cheval (environ 10 à 15 cm en dessous).
Il exerce de la pression sur le chanfrein et la nuque en fonction de l’utilisation qu’on en fait, et du poids du mousqueton. Il peut exister un risque d’abrasion si le licol est instable sur la tête, lors des actions sur les rênes.
Similaire à un bridon avec un frontal et une muserolle, le sidepull est équipée de 2 anneaux placés sur les côtés (side), et sur lesquels les rênes viennent s’attacher. La pression des actions de rênes (pull) est exercée sur le chanfrein essentiellement.
Également similaire à un bridon, le cross-under est équipé de 2 courroies qui partent de la têtière et se croisent sous la mandibule du cheval, avant de ressortir sur les côtés de la muserolle, afin d’y attacher les rênes.
Comme le sidepull, la pression des actions de rênes s’exerce sur le chanfrein, mais également sous la mandibule, et sur la nuque lorsque les rênes se tendent.
Similaire à un bridon, la muserolle de l’hackamore est remplacée par une pièce de cuir sur le dessus de nez, sur laquelle des branches métalliques vont servir de lien entre les montants de la têtière et l’attache des rênes.
Sur les bridons hackamores, la pression des actions de rênes s’exerce sur le chanfrein et la mandibule via la gourmette, ainsi que sur la nuque via l’effet de levier des branches plus ou moins longues.
Que vous montiez avec ou sans mors, l’adaptation de votre bridon reste primordiale pour le confort de votre cheval. Pour vous faire accompagner dans le choix de votre bitless, l’accompagnement d’un bridle fitter est recommandé.
En raison des pressions exercées sur les différentes parties de la tête du cheval et parce qu’on ne communique plus les informations via l’interface qu’est le mors, voici quelques conditions à respecter afin de garantir confort pour le cheval et sécurité pour le binôme, lorsque l’on souhaite monter son cheval sans mors.
En retirant la pression du mors en bouche, l’asymétrie naturelle de fonctionnement du cheval et ses défauts d’équilibre sont souvent plus visibles. En effet, il arrive fréquemment que le mors masque un dos qui ne monte pas réellement, car le cheval peut positionner son chanfrein plus ou moins à la verticale pour éviter la pression du mors en bouche, tout en travaillant le dos creux, et ne pas se muscler.
Il peut être intéressant d’envisager de travailler son cheval sans mors, si :
A titre professionnel, j’ai eu l’occasion de proposer des options sans mors à certains de mes clients. J’enseigne l’équitation depuis une quinzaine d’années et personnellement, j’adapte les axes de travail et le matériel en fonction des binômes que je rencontre.
Le cas le plus parlant est celui d’une jument Lusitano-Arabe pour laquelle je suis intervenue il y a quelques années. Elle sortait d’une écurie où elle était montée en bride et travaillait le changement de pied au galop. La jument était sur-réactive aux actions de rênes (même légères). Dans certains exercices, il arrivait qu’elle s’arrête net et fasse mine de se lever si on continuait nos demandes.
J’ai observé sa bouche, et proposé d’autres modèles de mors plus ergonomiques, mais la jument ne se détendait pas.
A pied, j’ai également pu constater que la jument n’arrivait pas à s’équilibrer en longe, elle positionnait sa tête assez haut et refusait le départ au galop, sans selle ni cavalier sur le dos. On avait expliqué à la propriétaire qu’elle ne « descendrait » jamais le nez, parce qu’elle avait des origines de Pur Sang Arabe…
On a donc entrepris un travail sur son équilibre à pied, et en quelques séances la jument a changé sa façon de fonctionner, arrivant à étendre le bout du nez vers l’avant et vers le bas.
Sa propriétaire étant ouverte à la monte sans mors, j’ai ensuite reproduit cette gymnastique dans le travail monté, tout en introduisant de nouveaux codes de communication, pour préparer la transition vers le sidepull.
En complément, la jument a bénéficié de soins réguliers : ostéopathie, Masterson (approche de massothérapie équine interactive via points d’appui stratégiques qui libérent les émotions), acupuncture, vérification de selle, compléments adaptés à ses besoins digestifs et locomoteurs…
Aujourd’hui, cette jument est capable de réaliser des épaules en dedans, hanches en dedans, et appuyers… en sidepull ! Le tout en équilibre et dans la décontraction… En prenant le temps de travailler dans le bon sens, cette jument est devenue beaucoup plus disponible mentalement pour répondre aux demandes de sa cavalière dans le relâchement.
La réponse à cette question est à nuancer et ne peut pas se résumer à un « oui ou non ».
La monte avec ou sans mors est avant tout une question de localisation de la pression, et l’un n’est pas plus doux que l’autre. Dans les 2 cas, le cheval peut expérimenter de l’inconfort en fonction de l’ergonomie, l’ajustement du matériel et de la main du cavalier.
Par exemple, un cheval qui a eu une fracture au niveau de l’os nasal ou frontal conservera peut-être une sensibilité au niveau du crâne, et l’utilisation d’une ennasure pourrait lui être plus ou moins désagréable. Alors que d’autres chevaux montés sans mors se verront plus déliés dans leurs allures, leur langue étant libérée de compression et de contractions exagérées (hypermobilisation de la mâchoire).
Enfin, les cavaliers de renom qui vous inspirent n’ont pas de baguette magique… Mais ce que vous voyez est le résultat d’observations, de remise en question et de travail construit avec le cheval.
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