Mains instables, contact irrégulier : 4 outils pour améliorer le contact avec la bouche du cheval
Quelle que soit votre discipline, le travail sur les barres au sol avec son cheval est un exercice particulièrement intéressant à intégrer régulièrement dans vos séances. Au pas, au trot ou au galop, les barres au sol permettent notamment de travailler la régularité des foulées, l’amplitude, l’équilibre, l’engagement et la coordination du cheval.
Elles présentent aussi un intérêt pour le cavalier : elles l’aident à améliorer la précision de son tracé, à mieux visualiser ses foulées et, pour les cavaliers qui sautent, à préparer le travail à l’obstacle sans nécessairement augmenter la hauteur.
Mais encore faut-il placer les barres à la bonne distance et adapter les exercices à son cheval. Voici les principaux repères à connaître et plusieurs façons d’utiliser les barres au sol dans votre travail quotidien.
Les barres au sol peuvent être utilisées avec des objectifs très différents. Modifier leur espacement, leur disposition ou leur hauteur permet de faire évoluer l’exercice et de travailler des aspects bien différents.
Une série de barres placées à intervalles réguliers donne au cheval un repère visuel et physique qui l’incite à conserver des foulées régulières tout au long du dispositif. L’espacement des barres peut ensuite être progressivement adapté en fonction de l’objectif recherché.
En augmentant légèrement la distance entre les barres, le cheval est incité à couvrir une plus grande distance à chaque foulée. L’objectif est d’obtenir une foulée plus ample sans forcément accélérer.
À l’inverse, des distances légèrement plus courtes peuvent demander au cheval de raccourcir ses foulées et d’améliorer progressivement son équilibre.
L’objectif n’est évidemment pas de contraindre le cheval à rentrer coûte que coûte dans une distance prédéterminée : les distances doivent être adaptées à son amplitude naturelle, à son niveau de travail et à l’exercice recherché.
Les barres au sol demandent au cheval de faire davantage attention à la façon dont il pose ses pieds. C’est donc un exercice intéressant pour travailler sa coordination et sa proprioception. En fonction du dispositif utilisé, elles peuvent également encourager une meilleure mobilisation de l’arrière-main et une attitude plus active.
Certaines barres peuvent être légèrement surélevées afin d’accentuer le rebond. Ce type d’exercice doit toutefois rester progressif et adapté aux capacités physiques du cheval.
Le travail de barres au sol peut également être utilisé pour rechercher davantage d’activité et de propulsion. Un dispositif bien adapté encourage le cheval à conserver son impulsion tout en organisant ses foulées. Le cavalier doit rechercher une allure active mais régulière, sans laisser le cheval accélérer pour franchir le dispositif.
C’est toute la difficulté, et l’intérêt, de l’exercice : modifier progressivement la foulée tout en conservant rythme, équilibre et décontraction.
Les barres au sol ne sont pas uniquement utiles pour améliorer la locomotion du cheval. Elles constituent également un excellent outil de préparation pour les cavaliers de saut d’obstacles.
Pour un cheval encore peu expérimenté, les barres au sol permettent de se familiariser avec le franchissement d’un dispositif sans avoir immédiatement à gérer la hauteur d’un obstacle. L’exercice peut être répété plus facilement qu’une succession de sauts et permet au couple de prendre progressivement confiance.
Pour le cavalier qui appréhende l’obstacle, c’est également un moyen intéressant de travailler le tracé, le rythme et l’abord avant de complexifier l’exercice.
Au galop, une barre au sol isolée constitue un exercice simple en apparence, mais particulièrement intéressant. L’objectif est de conserver un galop régulier et de laisser la barre s’intégrer naturellement dans la foulée, sans accélération ou modification importante de l’équilibre dans les dernières foulées. Le cavalier apprend progressivement à mieux percevoir la distance qui le sépare de la barre, à maintenir son rythme et à adapter son abord.
Ce travail peut progressivement conduire à des exercices à l’obstacle.
Il n’existe pas de distance universelle entre les barres au sol. L’espacement dépend de l’allure, de l’amplitude naturelle du cheval ou du poney, de sa taille et de l’objectif de l’exercice.
Pour commencer, on peut néanmoins utiliser les distances suivantes comme ordres de grandeur, puis les ajuster en observant le passage du cheval.
| Allure | Distance indicative entre deux barres |
|---|---|
| Pas | 0,60 à 0,80 m |
| Trot | 1,20 à 1,50 m |
| Galop | 2,80 à 3,00 m |
Ces distances sont une base de départ à adapter. Un petit cheval avec une amplitude réduite pourra nécessiter des distances plus courtes, tandis qu’un grand cheval couvrant naturellement beaucoup de terrain pourra avoir besoin de davantage d’espace.
Le bon espacement est celui qui permet à votre cheval de franchir les barres avec une allure régulière, sans devoir accélérer, se contracter ou modifier brutalement ses foulées.
Les distances doivent également être adaptées à l’amplitude des poneys. Il est donc préférable de ne pas appliquer automatiquement les distances utilisées pour un cheval.
Pour le travail au galop, on rencontre parfois comme repère une réduction d’environ 20 cm par catégorie de poney par rapport à une distance prévue pour un cheval :
Ces valeurs restent là encore indicatives. Deux poneys de même catégorie peuvent avoir des amplitudes très différentes. Observez toujours la façon dont votre poney franchit le dispositif et adaptez les distances si nécessaire.
Le plus précis reste évidemment d’utiliser un mètre ruban ou un décamètre, notamment lorsqu’un exercice nécessite des distances particulières. Mais à défaut, vous pouvez apprendre à mesurer avec vos pas. Il suffit de mesurer une fois la longueur de votre foulée habituelle pour connaître approximativement la distance parcourue à chaque pas.
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Si vous mesurez avec vos pieds plutôt qu’avec vos pas, connaissez d’abord leur longueur. À titre d’exemple, un pied chaussant approximativement du 39 mesure autour de 25 cm : quatre longueurs représentent donc environ un mètre. Pour placer précisément un dispositif, privilégiez toutefois un véritable outil de mesure.
Un cheval qui découvre les barres au sol peut parfois chercher à les sauter plutôt qu’à les enjamber. Cela peut simplement être lié à un manque d’habitude, à une allure trop rapide ou à un dispositif qui ne correspond pas à son amplitude. Dans ce cas, revenez à quelque chose de très simple : une barre isolée ou quelques barres correctement espacées, abordées dans le calme.
Évitez de multiplier immédiatement les passages si le cheval se contracte. L’objectif est qu’il comprenne progressivement l’exercice et puisse franchir les barres sans précipitation.
Le travail peut également être réalisé à pied, en longe, en liberté ou monté, ce qui permet de varier les séances et d’aborder l’exercice sous différentes formes.
Si la réaction est importante, inhabituelle ou persistante, notamment chez un cheval auparavant à l’aise avec ce type d’exercice, il est préférable de rechercher la cause plutôt que de simplement répéter le dispositif.
Les barres au sol semblent simples à utiliser, mais quelques précautions permettent d’en tirer davantage de bénéfices :
Enfin, les barres au sol ne doivent pas devenir le seul exercice d’une séance. Elles sont surtout intéressantes lorsqu’elles s’intègrent dans un travail varié et progressif, adapté au niveau et à la condition physique du cheval.
Les barres au sol constituent un outil particulièrement polyvalent. Selon leur disposition et leur espacement, elles permettent de travailler la régularité, l’amplitude des foulées, la coordination, l’engagement, la propulsion et la précision du cavalier.
Retenez surtout que les distances données comme références doivent toujours être adaptées à chaque cheval ou poney. Commencez avec un dispositif simple, observez la façon dont votre cheval le franchit et faites évoluer progressivement l’exercice.
Quelques barres et un peu d’imagination suffisent ainsi à créer de nombreuses séances différentes, que vous pratiquiez principalement le dressage, le saut d’obstacles ou simplement un travail varié sur le plat.
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