Mains instables, contact irrégulier : 4 outils pour améliorer le contact avec la bouche du cheval
Lorsqu’il faut choisir une embouchure, une question revient très souvent : faut-il privilégier un mors simple ou double brisure ? Le double brisure est régulièrement présenté comme plus doux, tandis que le simple brisure est parfois associé à un effet « casse-noisette » plus sévère. En réalité, le fonctionnement d’un mors est bien plus nuancé.
Le nombre de brisures influence notamment la mobilité du canon, sa stabilité et la manière dont les pressions sont réparties dans la bouche du cheval. Mais il ne suffit pas, à lui seul, à déterminer si une embouchure sera confortable. La morphologie de la bouche, la forme et l’épaisseur du canon, les anneaux, le réglage du filet, la main du cavalier et surtout les préférences du cheval doivent également être pris en compte.
À retenir
Un mors double brisure n’est pas systématiquement plus doux qu’un simple brisure. Il est davantage articulé et donc généralement plus mobile, mais le confort d’une embouchure dépend avant tout de son adéquation avec la bouche et les préférences du cheval.
La différence la plus évidente réside dans la construction du canon. Un mors simple brisure possède une seule articulation centrale, tandis qu’un mors double brisure possède deux articulations reliées par une olive centrale, qui peut prendre différentes formes.
Cette différence de construction modifie le comportement de l’embouchure dans la bouche. De manière générale, un canon moins articulé offre davantage de stabilité, tandis que la présence de plusieurs articulations augmente sa mobilité et permet une plus grande indépendance des demandes latérales.
| Caractéristique | Simple brisure | Double brisure |
|---|---|---|
| Articulations | 1 articulation centrale | 2 articulations et un élément central |
| Stabilité | Généralement plus importante | Généralement moins importante |
| Mobilité | Plus limitée | Plus importante |
| Dissociation droite / gauche | Plus limitée | Plus importante |
| Répartition des pressions | Action notamment ressentie sur les côtés de la langue | Pressions réparties différemment sur la langue selon la forme de l’élément central |
| Douceur | Dépend du cheval et de l’ensemble du mors | Dépend du cheval et de l’ensemble du mors |
Le mors simple brisure est constitué de deux parties reliées par une articulation centrale. Comparé à un mors double brisure, son canon possède donc moins de points d’articulation et offre généralement davantage de stabilité dans la bouche.
Lorsque les rênes sont mises en tension, les deux parties du canon se mobilisent autour de l’articulation centrale. Les pressions exercées sont notamment ressenties sur les côtés de la langue. La façon dont le mors se positionne dépend cependant de nombreux paramètres : sa forme, son épaisseur, la taille choisie, la morphologie de la bouche ou encore son réglage sur le bridon.
Cette stabilité peut être appréciée par certains chevaux qui semblent moins à l’aise avec des embouchures très mobiles. À l’inverse, d’autres chevaux peuvent rechercher davantage de mobilité et de dissociation entre les actions de rênes.

Le simple brisure est souvent représenté comme formant un « V » qui viendrait exercer une forte pression sur le palais lorsque le cavalier agit sur les rênes. Mais c’est faux : la mise en tension des rênes plie le mors vers l’avant de la bouche et non vers le haut.
Le mors double brisure possède trois parties : deux parties latérales et un élément central reliés par deux articulations. Cette construction lui apporte généralement davantage de mobilité qu’un simple brisure.
Les deux côtés du mors peuvent fonctionner avec davantage d’indépendance. Cette dissociation latérale peut permettre au cavalier de différencier plus précisément certaines actions de rêne. La pression est également répartie différemment sur la langue en raison de la présence de l’élément central.
Tous les doubles brisures ne fonctionnent cependant pas de la même manière. La longueur, la forme, l’orientation et l’épaisseur de la pièce centrale peuvent modifier les sensations transmises au cheval. Deux mors qualifiés de « double brisure » peuvent ainsi avoir un comportement très différent en bouche.

Non. C’est probablement l’une des principales idées reçues concernant les embouchures. Un double brisure est souvent présenté comme plus doux simplement parce qu’il possède une articulation supplémentaire. Pourtant, davantage de brisures ne signifie pas automatiquement moins de pression.
Les articulations supplémentaires augmentent la mobilité du canon et créent une répartition différente des points de pression. Cette mobilité peut être très bien acceptée par certains chevaux et beaucoup moins par d’autres. Un cheval recherchant une embouchure stable pourra, par exemple, être plus confortable avec un canon moins articulé.
Un mors simple brisure et un mors double brisure ont donc des fonctionnements différents.
Qu’est-ce qu’un mors « doux » ?
Une embouchure confortable est avant tout une embouchure adaptée à la morphologie et aux préférences du cheval, correctement dimensionnée et utilisée avec une main adaptée.
Le mors droit ne possède aucune articulation : son canon forme une seule pièce, même si cette dernière peut être plus ou moins souple ou présenter différentes courbures. Cette conception apporte généralement une grande stabilité en bouche et une action plus globale sur la langue. En contrepartie, elle offre moins de dissociation latérale qu’une embouchure articulée.
Avec l’imprévisibilité du vivant, il est impossible de désigner, sur le papier, le mors parfait pour tel ou tel cheval. Chacun aura ses propres préférences, ses propres sensibilités et ses propres réactions, combinées à la variabilité de la main du cavalier. Plusieurs critères permettent néanmoins d’orienter le choix.
La morphologie buccale du cheval joue un rôle essentiel. L’épaisseur de la langue, l’espace disponible dans la cavité buccale, la forme du palais, les barres ou encore les commissures influencent la manière dont une embouchure trouve sa place et transmet les pressions. C’est pourquoi une règle telle que « palais plat = double brisure » ou « palais creux = simple brisure » est trop réductrice. Il faut considérer l’ensemble de la bouche et l’ensemble du mors.
Le diamètre du canon est notamment important. Un canon fin concentre davantage la pression sur une surface réduite, tandis qu’un canon très épais peut sembler plus confortable en théorie mais devenir trop encombrant dans une petite bouche. Le bon compromis dépend donc encore une fois du cheval.
Au-delà de la théorie, le comportement du cheval avec son embouchure apporte des informations précieuses. Certains recherchent beaucoup de stabilité et semblent plus sereins avec un canon peu mobile. D’autres se décontractent davantage avec une embouchure articulée permettant plus de mobilité.
La qualité du contact, la décontraction de la mâchoire, la stabilité de l’encolure et la disponibilité du cheval peuvent aider à évaluer une embouchure. À l’inverse, une bouche qui s’ouvre régulièrement, une langue qui cherche à échapper au mors, des secouements de tête, une difficulté à prendre un contact régulier ou certaines défenses peuvent inviter à s’interroger sur le matériel utilisé.
Mais attention, car ces réactions ne permettent pas, à elles seules, d’identifier la cause du problème. Les dents, l’état physique du cheval, son éducation, la main du cavalier ou encore le réglage du bridon peuvent également intervenir.
Choisir entre un mors simple et double brisure ne constitue finalement qu’une partie de la réflexion. Pour comprendre réellement une embouchure, il faut également observer :
Chez Mors And More, nous conseillons ainsi généralement de réfléchir d’abord au canon et au fonctionnement recherché dans la bouche, puis de choisir les anneaux permettant d’affiner la stabilité et l’action souhaitées.
Alors, mors simple ou double brisure : lequel choisir ? La réponse dépend avant tout du cheval. Le double brisure n’est pas automatiquement plus doux, pas plus que le simple brisure n’est nécessairement plus sévère. Ils proposent des niveaux de stabilité, de mobilité et de dissociation différents qui peuvent être appréciés différemment d’un cheval à l’autre.
Le choix d’une embouchure doit donc tenir compte de la morphologie de la bouche, des préférences du cheval, de son niveau de travail et des sensations obtenues à cheval. Deux mors qui semblent parfaitement adaptés sur le papier peuvent donner des résultats très différents une fois utilisés.
Tester plutôt que supposer
Il est parfois nécessaire d’essayer plusieurs configurations pour comprendre ce que votre cheval préfère. Mors And More propose un service d’essai de mors afin de vous permettre de tester une embouchure avant de valider définitivement votre choix.
L’accompagnement d’un bit fitter peut être particulièrement intéressant. Il permet d’observer la morphologie de la bouche, le matériel actuellement utilisé et les réactions du cheval afin de tester différentes solutions dans des conditions réelles.
Finalement, plutôt que de rechercher le mors « le plus doux », l’objectif est surtout de trouver l’embouchure avec laquelle votre cheval est le plus confortable, disponible et stable dans son contact.
Mains instables, contact irrégulier : 4 outils pour améliorer le contact avec la bouche du cheval
Comment proposer plus de mors dans votre sellerie sans augmenter votre stock ?
Cheval qui salive : signe de décontraction ou de tension ?